C’est une nouvelle qui vient bousculer nos habitudes de propriétaires d’animaux. Une étude relayée le 24 janvier 2026 met en lumière un phénomène inquiétant : les produits antiparasitaires que nous appliquons sur nos chiens et chats finissent par empoisonner les ruisseaux de notre pays. Si nous savions déjà que la présence des chiens peut avoir un impact environnemental, cette fois, c’est la composition chimique de leurs soins vétérinaires qui est en cause.
Une contamination invisible mais dévastatrice
Les traitements contre les puces, les tiques et les poux contiennent souvent des substances actives puissantes, comme le fipronil ou l’imidaclopride. Ces molécules sont conçues pour éliminer les insectes sur nos compagnons à quatre pattes, mais elles ne s’arrêtent pas là. Selon les données récentes, ces substances se retrouvent dans les cours d’eau suisses à des concentrations dépassant parfois largement les seuils de sécurité pour la faune aquatique.
Comment ces produits arrivent-ils dans l’eau ? Le processus est multiple. Il peut s’agir du simple lavage de l’animal, de la pluie qui ruisselle sur son pelage lors d’une promenade, ou même du contact de l’animal avec des surfaces extérieures. Une fois dans l’eau, ces insecticides agissent avec une efficacité redoutable sur les petits invertébrés, qui constituent la base de la chaîne alimentaire des rivières.
La biodiversité aquatique en première ligne
La situation est d’autant plus préoccupante que ces écosystèmes sont déjà fragiles. Nous avons souvent évoqué l’importance de préserver les îlots de biodiversité, mais la protection de la nature ne s’arrête pas à la terre ferme. Les ruisseaux et petites rivières sont les veines de notre paysage ; si elles sont empoisonnées, c’est tout l’équilibre local qui vacille.
Les insectes aquatiques, sensibles à ces doses même infimes, disparaissent, privant les poissons et certains oiseaux de leur nourriture principale. Ce constat nous rappelle que chaque geste, même celui que nous pensons protecteur pour notre animal, peut avoir des répercussions en cascade sur l’environnement urbain et rural.
Quelles solutions pour les propriétaires ?
Il ne s’agit pas d’arrêter de protéger nos chiens contre les parasites, car leur santé reste une priorité. Cependant, une prise de conscience est nécessaire pour concilier bien-être animal et respect des espaces naturels. Voici quelques pistes de réflexion :
- Privilégier les comprimés administrés par voie orale plutôt que les pipettes (spot-on) ou les colliers, afin de limiter la dispersion des substances dans l’environnement.
- Éviter de baigner son chien dans un cours d’eau ou de le laver dans les 48 heures suivant l’application d’un traitement topique.
- Se renseigner auprès de son vétérinaire sur les alternatives les moins persistantes pour l’écosystème.
En tant qu’amoureux de la nature à Genève et ailleurs, nous devons intégrer cette dimension écologique dans nos soins quotidiens. La santé de nos animaux ne doit pas se faire au détriment de la vie qui fourmille dans nos ruisseaux.
