À Genève, la nature ne s’arrête pas aux limites de nos parcs urbains. Au-delà du bitume, nos campagnes jouent un rôle crucial pour la survie de nombreuses espèces. Le canton vient d’ailleurs de mettre à jour ses ressources concernant les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB), un pilier de la politique agricole et environnementale genevoise. Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Qu’est-ce qu’une surface de promotion de la biodiversité ?
Les SPB sont des zones spécifiques au sein des exploitations agricoles où la production intensive laisse la place à la nature. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas de terrains « à l’abandon », mais d’espaces gérés avec soin pour favoriser la flore et la faune indigènes. Haies vives, prairies extensives, jachères florales ou vergers haute-tige : ces structures forment un réseau vital pour le vivant.
Pour les agriculteurs genevois, l’engagement dans ces mesures est essentiel. En échange de prestations écologiques, ils reçoivent des contributions qui valorisent leur rôle de gardiens du paysage. C’est un contrat gagnant-gagnant entre l’humain et son environnement.
Un refuge pour la faune locale
Pourquoi ces zones sont-elles si importantes ? En milieu rural, la biodiversité subit la pression de la mécanisation et de l’uniformisation des cultures. Les SPB agissent comme des îlots de survie. Elles offrent le gîte et le couvert à des espèces emblématiques comme le lièvre brun, l’alouette des champs ou encore de nombreux pollinisateurs indispensables à nos propres cultures.
Ces surfaces permettent également de créer des corridors biologiques. Comme nous l’avions évoqué pour les îlots de biodiversité en ville, la connectivité est la clé. Un oiseau ou un insecte doit pouvoir se déplacer d’un bosquet à une prairie sans traverser un désert biologique.
Le rôle des citoyens et des promeneurs
Si ces surfaces sont situées sur des domaines privés, elles font partie intégrante de notre paysage commun. En tant que promeneurs, notamment avec nos compagnons à quatre pattes, notre comportement est déterminant. Respecter ces zones, rester sur les sentiers et ne pas laisser les chiens divaguer dans les hautes herbes sont des gestes simples mais fondamentaux pour ne pas perturber la nidification au sol ou le repos du gibier.
La cohabitation entre activités humaines et préservation de la nature est un défi constant. En comprenant mieux l’utilité des SPB, nous participons collectivement à la sauvegarde du patrimoine naturel genevois. Pour ceux qui souhaitent agir à leur échelle, il est aussi possible de transformer son propre jardin en oasis, s’inspirant ainsi des principes appliqués par nos agriculteurs.
Vers une agriculture toujours plus verte
L’actualisation des informations par l’État de Genève souligne l’importance de ces dispositifs dans la stratégie biodiversité 2030. En favorisant la diversité des structures paysagères, le canton renforce la résilience de notre territoire face aux changements climatiques. La nature en ville et la nature à la campagne ne sont pas deux mondes séparés, mais les deux faces d’une même pièce qu’il nous appartient de protéger.
