Ce dimanche 25 octobre 2026, comme chaque dernier week-end d’octobre, nous avons reculé nos montres d’une heure. Si ce passage à l’heure d’hiver offre une heure de sommeil supplémentaire aux Genevois, il représente un bouleversement bien réel pour la faune sauvage. En effet, les animaux ne consultent pas nos horloges, mais règlent leur activité sur la luminosité naturelle. Ce décalage soudain de nos rythmes sociaux crée une désynchronisation dangereuse, particulièrement sur les routes de notre canton et de la France voisine.
Un pic de collisions routières au crépuscule
Le principal danger réside dans le déplacement de la pointe de trafic automobile. Avec le passage à l’heure d’hiver, l’heure de pointe du soir coïncide désormais brutalement avec le crépuscule. C’est précisément le moment où de nombreux mammifères, comme les chevreuils, les sangliers ou les renards, sortent de leur lisière pour se nourrir. Ainsi, la probabilité de rencontre entre un véhicule et un animal augmente de manière significative durant les semaines qui suivent ce changement.
Les statistiques de la prévention routière et des services de la faune montrent souvent une recrudescence des accidents impliquant le gibier lors de cette période. Pourtant, quelques réflexes simples peuvent limiter les risques. Réduire sa vitesse de 10 km/h dans les zones boisées et rester particulièrement vigilant entre 17h et 19h permet d’anticiper l’irruption d’un animal sur la chaussée. De plus, n’oubliez pas qu’un animal peut en cacher un autre : si un chevreuil traverse, le reste de la harde suit souvent.
Le rythme biologique des animaux urbains perturbé
Au-delà du risque routier, le changement d’heure modifie nos interactions avec la nature urbaine. À Genève, les parcs et les rives du lac voient leur fréquentation humaine se décaler par rapport au cycle solaire. Pour les oiseaux ou les petits mammifères comme les écureuils, cette présence humaine tardive ou précoce peut perturber les périodes de nourrissage essentielles avant l’hiver. En effet, la faune sauvage doit maximiser ses apports énergétiques alors que les températures chutent.
Cependant, l’impact n’est pas uniquement négatif. Le retour à l’heure d’hiver nous rapproche du rythme circadien naturel. Pour nos compagnons à quatre pattes, notamment les chiens, ce changement est aussi perceptible. Ils ressentent le décalage de l’heure de la promenade ou de la gamelle. Il est donc conseillé de décaler progressivement leurs habitudes sur quelques jours pour leur éviter un stress inutile.
La pollution lumineuse, l’autre défi de l’hiver
Avec des soirées qui débutent plus tôt, l’éclairage public et privé s’allume plus longtemps. Cette pollution lumineuse accrue impacte directement la biodiversité nocturne. Comme nous l’évoquions récemment concernant l’extinction des vitrines, la lumière artificielle désoriente les insectes et perturbe le sommeil des oiseaux. En cette période de transition, privilégier une obscurité relative dans nos jardins est un geste simple pour soutenir la faune locale.
Enfin, ce passage à l’heure d’hiver est un excellent rappel de notre interdépendance avec les cycles naturels. Alors que nous nous préparons à entrer dans la saison froide, restons attentifs à ceux qui partagent notre territoire, qu’ils soient à plumes ou à poils. Une conduite apaisée et une meilleure gestion de nos éclairages sont des contributions directes à la préservation de la biodiversité genevoise.
