Solutions fondées sur la nature : le nouveau paradigme de l’OFEV

Face à l’urgence climatique et à l’érosion de la biodiversité, les méthodes traditionnelles d’ingénierie montrent parfois leurs limites. En ce début d’année 2026, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) franchit une étape décisive en plaçant les « Solutions fondées sur la nature » (SfN) au cœur de sa stratégie. L’idée est simple mais révolutionnaire : utiliser les services rendus par les écosystèmes pour résoudre des problèmes sociétaux, comme les inondations ou les vagues de chaleur.

Qu’est-ce qu’une solution fondée sur la nature ?

Contrairement aux infrastructures « grises » (béton, digues, canalisations), les SfN s’appuient sur le vivant. Il ne s’agit pas seulement de protéger la nature pour sa beauté, mais de reconnaître qu’elle est notre meilleure alliée technique. Par exemple, au lieu de construire des bassins de rétention coûteux, on restaure des zones humides ou on crée des parcs urbains capables d’absorber les eaux de pluie.

Cette approche rejoint les préoccupations que nous portons chez Nature Montbrillant. Comme nous l’évoquions déjà en discutant de l’importance de construire avec la nature, l’aménagement du territoire doit désormais intégrer le cycle du vivant dès la conception des projets.

Un bouclier contre les risques climatiques

L’OFEV souligne que ces solutions sont souvent plus résilientes et moins coûteuses sur le long terme. En ville, la plantation d’arbres et la désimperméabilisation des sols permettent de lutter efficacement contre les îlots de chaleur. Nous savons que les arbres en ville sont essentiels pour réguler la température, mais l’OFEV va plus loin en structurant cette pratique comme une véritable politique de sécurité publique.

Les SfN offrent des bénéfices multiples :

  • Réduction des risques de crues par la revitalisation des cours d’eau.
  • Amélioration de la qualité de l’air et de la santé publique.
  • Création de corridors de biodiversité indispensables à la faune urbaine.
  • Espaces de détente pour les habitants et leurs compagnons à quatre pattes.

Un enjeu pour Genève et nos quartiers

Pour des associations comme la nôtre, ce nouveau paradigme de l’OFEV est un signal fort. Il valide notre combat pour la préservation des îlots de biodiversité en ville. Chaque mètre carré de pleine terre conservé à Montbrillant ou ailleurs n’est pas un luxe, mais une infrastructure vitale pour la collectivité.

Le défi reste toutefois de passer de la théorie à la pratique. Si la Confédération donne l’impulsion, ce sont les cantons et les communes qui devront appliquer ces principes. À Genève, cela signifie repenser la densité urbaine pour laisser de la place au sol vivant. Les SfN demandent de la patience et une vision à long terme, loin de l’immédiateté des chantiers de bétonnage.

Vers une cohabitation harmonieuse

En intégrant davantage de nature dans nos quartiers, nous améliorons aussi la cohabitation entre tous les usagers de l’espace public. Une ville plus verte est une ville plus apaisée, où les chiens, les hérissons et les humains trouvent chacun leur place. C’est en misant sur ces solutions que nous construirons une Genève résiliente face aux défis de demain.

 

Sources

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