Le 10 février dernier, une onde de choc a parcouru les réseaux sociaux. L’influenceur Cyril Schreiner a mis en scène le prétendu kidnapping de son chien, Albert, avant d’avouer qu’il s’agissait d’une « mauvaise blague ». Si l’animal est sain et sauf, cet événement souligne une tendance de fond inquiétante : l’utilisation des animaux comme de simples accessoires au service de la visibilité numérique.
Le chien, un objet de divertissement ?
Dans la quête effrénée de clics et d’engagement, certains créateurs de contenus franchissent des lignes rouges. Mettre en scène la disparition d’un être vivant pour susciter l’émotion de sa communauté n’est pas un acte anodin. Cela témoigne d’une vision de l’animal réduit à un rôle de figurant, voire d’outil marketing. Cette instrumentalisation pose de sérieuses questions sur le respect dû au vivant, un sujet que nous abordions déjà lors de nos réflexions sur les besoins réels des chiens en ville.
L’impact du stress et de la mise en scène
Même si la situation est feinte, la mise en scène peut générer un stress réel pour l’animal. Les cris, l’agitation ou les changements brusques d’environnement nécessaires à la captation d’une vidéo « virale » ne sont jamais neutres pour un chien. Contrairement à un acteur humain, l’animal ne comprend pas le concept de « fiction ». Pour lui, l’insécurité ressentie par son maître est une information concrète et anxiogène.
Une éthique numérique à construire
Cette dérive intervient alors que la protection animale devient un enjeu de plus en plus surveillé par les autorités. Récemment, une enquête pointait des failles de surveillance chez les vétérinaires cantonaux, rappelant que la vigilance doit être constante. Sur internet, la frontière entre le partage de moments complices et l’exploitation est parfois floue. Pourtant, la responsabilité du propriétaire reste entière, qu’il soit devant une caméra ou non.
Il est essentiel de rappeler qu’un chien a des besoins physiologiques et psychologiques qui ne doivent jamais être sacrifiés sur l’autel de l’algorithme. Comme nous l’avons vu avec le modèle de bien-être canin en Suède, le respect de l’animal passe par la reconnaissance de sa sensibilité propre.
Éduquer plutôt que consommer
Face à ces comportements, la réaction des internautes est un levier puissant. En refusant de cautionner ces mises en scène par des « likes » ou des partages, le public peut influencer les pratiques des créateurs. L’éducation à l’environnement et au respect du vivant, que nous promouvons à travers des initiatives comme les micro-forêts écoles, doit aussi s’étendre au monde numérique.
L’animal n’est pas un jouet, et sa vie ne devrait jamais servir de scénario à une quête de notoriété éphémère. En 2026, il est temps que l’éthique animale s’impose enfin dans nos fils d’actualité.
Sources
- Polémique. Faux kidnapping du chien Albert : on vous résume la « mauvaise blague » de l’influenceur Cyril Schreiner – Le Dauphiné Libéré — Le Dauphiné Libéré
